LEO de MARCOUVILLE (95)

dimanche 6 mai 2012
par  L
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 La souris

Je suis une souris, libre, sans ficelle
Et j’ai trouvé la clé pour entrer en ces lieux
Rejoindre ton ordi qui n’était pas trop vieux
Pour se laisser cliquer en fenêtre nouvelle

Les anciens n’avaient pas, hélas la partie belle
Avecque leur clavier s’emmêlant dans les jeux,
Alors que mon laser, rougeoyant de ses feux,
Mène à bien un Spider, même le plus rebelle !

Grâce à ce bel Acer remplaçant l’Edison
Et sa vieille souris jouant à la roulette,
Je m’en vais rechercher images et chansons,

Les œuvres de piano et les airs de guinguette ;
A travers les écrans voir les télévisions
Et surfer à cœur joie sur la mer d’internet !

Léo de Marcouville (95)

 Curiosité d’antan

Je veux une bougie en tranches découpée
Demande à l’épicier derrière son comptoir
Un bambin de cet âge où l’on veut tout savoir
Et deviner des grands les folles équipées....

En tranches ! Ta chambre serait aussi bien éclairée
En mettant des bougeoirs qui seraient plus petits...
Et pourquoi pas un cierge à la tête du lit !
Allons, explique-moi d’où te vient cette idée...

Je suis bien étranger, étant encore enfant,
A comprendre les mots que prononcent les grands,
Mais je sais que Papa, la veille du dimanche

Au lit dit à Maman : Madeleine soufflons
La bougie, et l’on va s’en payer une tranche...
Voilà pourquoi j’en veux, pour savoir si c’est bon !

Léo de Marcouville (95)

 La lutte des glass....

Sur le rebord d’une étagère
Un verre à pied fut mécontent
De rencontrer un verre à dents.

Ah çà, fit-il, tout dégénère :
Je trouve cela dégoûtant
De frotter mon cristal brillant
A la crasse d’un prolétaire !

Le verre à dents, mis en colère
Par ce propos désobligeant,
D’un coup de brosse malveillant
Flanqua le verre à pied par terre.

Soyez heureux, juge sévère,
Puisque l’insolent à expié.
Mais réfléchissez... Dans quel verre
Allez-vous donc laver vos pieds ?

Car on peut toujours se laver les dents
Dans un verre à pied,
Mais on ne peut pas se laver les pieds
Dans un verre à dents...

Léo de Marcouville (95)

 Les vacances

Le grand’père venait avecque sa charrette
M’attendre à l’autobus sur la route de Pau
Il était déjà vieux... Pour moi c’était la fête :
Je venais en vacances, en train, depuis Bordeaux.

Il m’embrassait alors, me serrait en silence,
Sa moustache frôlant ma joue en son baiser,
Puis me hissait là-haut... Il partait en cadence
Au pas de l’attelage à travers les halliers.

Il avait attelé ses deux vaches laitières
Blondes des Pyrénées, l’œil noir, la corne altière
Dans le vol agaçant des mouches et des taons.

Pagayant de leur queue balayant l’atmosphère
Elles lâchaient alors leur bouse odorifère
Et le cœur soulevé je disais : ça sent bon !

Léo de Marcouville (95)

J’ai mélangé deux histoires car vers les cinq ou six ans j’allais en vacances du côté de Libourne où il y avait un tonton Emilien
qui était un homme de la terre, avec des moustaches... comme ton arrière grand père d’Arnos

 Le dernier jus

Once upon a time (c’était en Amérique),
Un chauffeur maladroit ayant écrabouillé
Se trouva condamné à la chaise électrique...
Un matin le bourreau, l’avait tôt réveillé...

Le Pasteur, attristé de ce destin étrange
S’enquiert alors de sa dernière volonté
Et le gars lui répond je voudrais une orange
Qu’il pèle, puis déguste avecque volupté.

Par trois fois le bourreau enclenche... Etincelle !
L’homme restant vivant, il pense que le fruit
Provoque dans la chaise un sacré court-circuit :

L’orange ! au passage du jus te rendrait donc rebelle ?
Non ! répond le patient, sur la route, j’ai peur
Je ne suis, voyez-vous, qu’un mauvais conducteur....

Léo de Marcouville (95)

 Les Corneilles Rieuses

Dans le champ d’un Breton un vol de corbeaux blancs
S’abattait, s’envolait, derrière une charrue,
Cherchant une pitance, au demeurant congrue,
Que le sillon ouvert garderait en ses flancs...

Puis ce même Breton, parcourant le Vexin
Se trouva étonné que des mouettes noires
Picorent le sol : cela fait des histoires
Si mouette ou corbeau démarque son terrain !

Les hôtes des prairies, rebelles aux sillages,
Ne sont jamais nombreux à voler sur les plages,
Mais les rieuses en mer pêchent près des bateaux !

Il faut des matelots pour conserver les erres
Comme il faut des semeurs qui entr’ouvrent la terre...
Et c’est leur choix qui fait criailler les oiseaux !

Léo de Marcouville (95)

 Un vieux ménage

Comme vagues venues s’amortir sur la plage,
Des larmes quelquefois glissent sur ton visage,
Tu pleures... en évoquant des souvenirs perdus,
Toute persuadée que je ne t’aime plus.

Où sont les beaux soleils des heures de jeunesse,
Nos espoirs, nos baisers et nos folles caresses
Nos joies fugitives, ou restées sans effet,
Perdues dans l’univers des peines, des regrets ?

Nous vivons maintenant les années de vieillesse,
La lenteur du temps nous entoure sans bruit
Toujours tout les deux ; alors qu’il nous souvienne,

Aux reflets enchanteurs de la rencontre ancienne,
Que malgré ce chagrin, cette larme qui luit !
Je crois que nous avons su nous aimer depuis...

Léo de Marcouville (95)

 La musique des mots

Mémoire dans le cœur qui est venue me lire,
Ami, amie avec un petit pied de trop !
Cela fait septante ans que j’assemble des mots
Mais qu’il était tentant de vous écouter rire !

L’égérie rit... C’est au féminin qu’il le faut !
Ou qui s’émeut lorsque la chanson devient triste.
Cette musique en vers que recherche l’artiste
Doit trouver une ouïe qui vibre si c’est beau !

Et lorsque sur un mur, dans la nuit, il s’ exprime
Le tagger, comme moi quand je cherche une rime
Donne par le dessin l’impact d’une clarté.

Alors un grand merci, il faut que je vous dise
Ce n’ est point pour rester, certes, en aparté
Que j’écris des sonnets pour que quelqu’un les lise !

Léo de Marcouville (95)

 Les pétroliers

Comme un vol de corbeaux hors du hallier natal,
Fatigués de drainer le fond des mers lointaines,
D’Ekofisk de Brent, prospecteurs par dizaines
Partaient, sponsorisés par Shell ou par Total.

Ils allaient rechercher le fluide minéral
Que la Cyrénaïque abrite dans ses veines,
Et de puissants engins transportaient leurs antennes,
Aux bords mystérieux du monde Oriental.

Chaque soir, espérant ces nappes hypothétiques,
Promises par les boues, et les échos soniques,
Ils rêvaient voir jaillir le pétrole espéré ;

Ou penchés sur les treuils, tournant les manivelles,
Ils regardaient monter le fuseau mordoré
De la flamme sortant des torchères nouvelles.

Léo de Marcouville (95)

 Le chandelier, la chandelle et l’éteignoir

Un chandelier ancien aimait une chandelle
Qui brûlait de ses feux pour un bel éteignoir ;
Sa clarté vacillait en lueur irréelle
Ne brillant que pour lui lorsque venait le soir...

Mais l’éteignoir, poli, se tenait à distance...
La chandelle, déçue dans son espoir secret
Allumait, dès la nuit l’éclairage d’ambiance
Pour exciter la jalousie du cœur discret...

Le chandelier épris la sentait provocante ;
Il essaya en vain d’éteindre cette amante
Dont la fébrilité prolongeait ses émois :

La flamme s’en alla vers l’éteignoir narquois...
Qui hélas négligeait les belles en cire vierge
Préférant à l’usage éteindre quelque cierge...

Léo de Marcouville (95)

  Le couvreur


- Tiens, j’ai vu un couvreur qui m’a parlé de toit
- Qui t’as parlé de moi ? Oh là ! Quelle imposture !
- Mais... un couvreur parlant de couverture
Ne doit pas t’étonner et te mettre en émoi !

- Laisse-moi rigoler de ton imprécision
Si tu parles de toit à une tête dure
A l’aide de tes mains fais la caricature
Des pentes assemblées... Pour la compréhension...

Je la raconte au Chef : Monsieur, que je vous dise
Hier, j’ai vu un couvreur qui m’a parlé de vous...
- Mais je n’en connais point : il doit y avoir méprise...

- De vous... un couvreur... du geste je précise...
De quoi parle un couvreur ? Il m’a parlé de vous !
- De moi ? Même le Chef, n’a rien compris du tout !

Léo de Marcouville (95)

 Délocalisations

Sont en train de casser cette vieille caserne
Où du temps du Radar j’ai dû passer le mien
A garder l’urinoir qui ne coulait pas bien
Ou présenter les armes à de vieilles badernes.

Elle avait abrité, au temps des crinolines
Un cinquième dragon de guerriers moustachus,
Qui lutinaient la brune ou la blonde en fichu...
Mais, délocalisés, brutalement en Chine

Ils avaient dû quitter leurs petites amies.
Qui avaient subsisté, faute d’économies
Dans une maison bleue à la lanterne rouge

Close déjà... Eh bien fermée... un beau matin !
Puis s’étaient égaillées dans la ville qui bouge
Sans re - localiser leurs ébats clandestins...

Léo de Marcouville (95)

 La petite flèche

Une petite flèche qui tourne autour du temps
Soudainement s’arrête et puis fiche le camp
Puis s’en va rechercher dans un fichier technique
Des rêves, des idées, une image comique

Que sais-je, un catalogue et de la lingerie,
Des trucs affriolants ou bien une série
De films, ou de poèmes, ou de mots d’autrefois,
De gens qui sont partis et aussi quelquefois

Qui ont écrit leur nom sur les plaques des rues ;
Même que sur l’écran tu peux avoir le tien
Et guider cette flèche alors réapparue

Vers l’image, le mot, le propos ou le lien
C’est là tout le plaisir de recherche futile
De te faire courir petite flèche agile !

Léo de Marcouville (95)

 Latin liturgique

Un curé, attendant l’évêque ultramontain
S’en allait parcourant les champs et les cultures
Pensant Dieu m’aidera dans l’épreuve future
De terminer mon prêche en citant du latin.

Il voit un nid perché, un autre au ras du sol
Il note haut nid, bas nid, cela fera l’affaire
Et six tasses séchant, auprès d’un pot de terre
Avec un fond de lait tout aigri dans un bol ;

Que manquait-il alors quand dix mules passèrent...
J’ai tout ce qu’il me faut marmonna le bon Père,
Je pense qu’à présent mon laïus est fini :

Terminer mon propos, puis dire : O nibani
Ainsi le répétait souvent Ponce Pilate
Dimul diversitas potenter legate...

Leo de Marcouville (95)

 La vieille d’à côté

La vieille d’à côté est morte l’autre nuit
Elle avait des enfants
Mais au petit matin quand le jour s’est enfui
S’en est allée sans bruit

La vieille d’à côté est morte l’autre nuit
Elle avait allumé
La lampe a son chevet
Ou l’avait oubliée
Cherchant toujours en vain
Dans le silence obscur
Où la Mort arrivait
Cherchant une amitié pour lui tenir la main

Alors comme un sourire en refermant les yeux
Une image adorée Ô détresse infinie
Le dernier souvenir, c’est le dernier adieu
Une image adorée Ô détresse infinie
L’image de papa doucement s’est ternie
Son cœur ne battait plus

La vieille d’à côté est morte l’autre nuit
Elle avait des enfants
Je pleure maintenant
La vieille d’à côté, ami
C’était Maman...

Leo de Marcouville (95)

A suivre


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dimanche 8 janvier 2012 à 08h45

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