Une semaine à Rocamadour

lundi 5 septembre 2011
par  JMG
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 Les photos

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 Il était une fois

Estelle, douze ans, écoute le CD du concert en boucle...

Passée la rentrée, les impressions dominantes sont l’épais calcaire compact et sans fissures, le château sur l’encorbellement, la perle nichée au creux de la falaise....

Le causse....

Un bon site : infoterre, la banque de données du BRGM où tous les documents ci-après sont libres au téléchargement : la carte papier au 1/50000, les fascicules, feuilles "809N Souillac" et "833N Gramat" (qui accompagnent les cartes)

Dans "833N Gramat", coupe sur Rocamadour :

Les rédacteurs décrivent une balade sur la D32 avec le pigeonnier (à gauche sur la coupe, altitude 190 m) :

Rocamadour (1/2 h)

Considéré à juste titre comme un des sites les plus pittoresques de
France, Rocamadour possède de hautes falaises. Depuis des décennies,
les géologues ont étudié la coupe de la route D 32 qui part de la base
de la vallée de l’Alzou en direction de Couzou et Cahors et qui
recoupe les séries jurassiques ; c’est ici que fut définie par J. Delfaud
la formation de Rocamadour.

Le point de vue, accessible à pied ou en voiture en suivant la D 32,
situé à mi-versant, faisant face à Rocamadour, à proximité d’un petit
pigeonnier, permet de décripter dans ce paysage grandiose la géologie
du site.

La formation de Rocamadour, décrite dans la coupe effectuée en
rive gauche de la vallée de l’Alzou face au sanctuaire de Rocamadour,
comprend deux termes identifiés sur la feuille Saint-Géry : les membres
de Marcilhac (j2c-3a) et de Cabrerets (j3b). Le membre de Marcilhac,
qui supporte dans le site de Rocamadour le village et le sanctuaire,
forme un ensemble « massif » encadré par les discontinuités D17 et
D18. Le passage progressif avec l’unité sus-jacente (j4-5a) se localise
sur le replat incliné, une dizaine de mètres au-dessus de la corniche
des falaises. Les calcaires micritiques de Cabrerets passent progressivement
à l’ensemble massif de calcaires subcrayeux et oolitico-graveleux
de la formation de Saint-Géry.

Voir la carte géologique (ci-dessous), la localisation des différents horizons, du bas vers le haut : j2c-3a, j3b, j4-5a

Sur la photo 31 du diaporama on retrouve ces éléments (coup de chance) :


  • la D32
  • le pigeonnier
  • la pente de la transition (présumée) sous D18 entre Membre de Marcilhac et Membre de Cabrerets
  • le passage, dans les bois, de j3b à j4-5a

Identifions un peu mieux ces dépôts calcaires :

La carte géologique donne la localisation des horizons principaux : j2c-3a et j3b :

Dans la notice voici les précisions :

j2c-3a. Bathonien terminal (et Callovien basal ?) (formation de Rocamadour,membre de Marcilhac) (30 à 35 m). La formation de
Rocamadour (Delfaud, 1969 ; Gouze, 1982), décrite dans la coupe
effectuée en rive gauche de la vallée de l’Alzou face au sanctuaire de
Rocamadour (fig. 5), comprend deux termes identifiés sur la feuille
Saint-Géry (Pélissié, 1982) : les membres de Marcilhac et de Cabrerets.

Le membre de Marcilhac, qui supporte dans le site de Rocamadour
le village et le sanctuaire, forme un ensemble « massif » encadré par
les discontinuités D17 et D18.

Après de nettes variations latérales de faciès à la base (calcaires
oolitiques massifs parfois cristallisés, microbrèches, calcaires micritiques
laminés, etc.), se rencontrent des calcaires micritiques en bancs
métriques (environ 15 m), formant l’ossature principale de la falaise
qui supporte le pigeonnier sur la rive gauche.

Le sommet de ce membre affleure en bordure du chemin d’accès à
l’hôtel Notre-Dame, au niveau du sanctuaire. Il montre des calcaires
dolomitiques micritiques, laminés, à pseudomorphoses d’évaporites
et stromatolites, limités par un fond durci attribué à la discontinuité
D18.

À la base, les calcaires oolitiques recèlent de nombreuses Trocholina
gigantea et T. palastiniensis. Les calcaires médians ont livré vers leur
base, des gastéropodes, des lamellibranches, des brachiopodes : Burmirhynchia proteiformis, Ornithella (Digonella) digonoides, Arceythyris
dipthycha, Tubithyris globata et de rares hexacoralliaires, associés
à une microfaune variée : Pseudocyclammina maynci, Pfenderina
salernitana, Lituonella mesojurassica, Trocholina palastiniensis
et Nautiloculina gr. oolithica-circularis. Cet ensemble faunistique,
observé principalement sur les feuilles Saint-Géry et Cahors, caractérise
le Bathonien terminal.

j3b. Callovien ? (formation de Rocamadour, membre de Cabrerets).
Calcaires micritiques en bancs
(50 m). C’est un ensemble homogène
de calcaires en bancs métriques armant de hautes falaises à encorbellements,comme la falaise de Rocamadour entre le sanctuaire et le
château. Au cours de leur traversée de ces calcaires, l’Alzou et l’Ouysse
s’encaissent dans de pittoresques canyons.

Vers le sommet, cet ensemble est plus lité que dans le voisinage de
la vallée du Lot (feuilles Saint-Géry et Cahors) ; ainsi, au confluent
de l’Alzou et de l’Ouysse, on observe quelques niveaux de calcaires
en dalles et lamines. Le passage progressif avec l’unité sus-jacente se
localise, dans les vallées de l’Alzou et de l’Ouysse, sur le replat incliné,
une dizaine de mètres au-dessus de la corniche des falaises.

Quelques niveaux granulaires ont fourni des Trocholina giganîea.
Cette unité est attribuée avec réserve au Callovien sur la base de la
présence de Praekurnubia crusei, mais elle pourrait être encore
bathonienne.

La micrite, c’est de la calcite (carbonate de calcium) finement cristalline (les stalagmite et tite sont constitués de calcite, pareil pour les "ruissellements" fossilisés le long de la falaise dans le diaporama, photo 22)

Dolomitique : un certain pourcentage de carbonate de magnésium

Pseudomorphose : phénomène de transformation sous l’effet de la température et/ou de la pression (métamorphisme) ou d’altération où un minéral est remplacé par un autre

Evaporites : terme général désignant les dépôts riches en chlorure et sulfates alcalins : évaporation de l’eau de mer

Stromatolites :

Wikipédia,toutes les définitions précédentes sont proposées à partir du A. Foucault et JF. Raoult

Un stromatolithe ou stromatolite (on parle aussi parfois de « thrombolites ») est une roche calcaire ou une structure marine biogénique et organique laminée double-couche

Les stromatolithes sont biogéniques et organiques, car bio-construits par des communautés bactériennes, où dominent actuellement les cyanobactéries ; ils sont dits :

« laminés », car ils prennent la forme de feuillets superposés de 0,1 à 5 mm d’épaisseur, formant un tapis biominéral foncé produit par une colonie qui est une forme organisée d’un biofilm ; a priori la plus ancienne connue2
« double-couche », car dans la plupart des stromatolithes, la structure en feuillets est nettement constituée d’une couche de bactéries et d’une couche sédimentaire. La sédimentation semble être une forme de cristallisation induite par les bactéries dans une eau presque saturée en sels minéraux, ce qui explique la forme en boule des stromatolites, alors qu’une sédimentation normale créerait une structure en feuillets horizontaux superposés. Macroscopiquement, les stromatolithes se présentent sous la forme de « coussins » discoïdes ou mamelonnés.

Le stromatolithe en tant que structure n’est pas vivant, seules les bactéries qui le construisent le sont. Selon les cas, l’intérieur du stromatolithe peut être quasi-plein ou laisser une quantité significative de vide dans lesquels d’autres bactéries ou organismes peuvent trouver abri.

Quelques structures de forme proche des stromatolithes, comme les oncolithes, ne sont peut-être pas biogéniques (c’est-à-dire résultant de processus mis en œuvre par des organismes vivants bioconstructeurs) mais simplement issues de phénomènes de cristallisation. Leur microstructure, leur composition isotopique diffère de celle des stromatolithes.

En somme, il y a avait de l’eau de mer, des dépôts de carbonates de calcium et de magnésium dans lesquels se sont mélangés les sels que contient l’eau de mer avec son évaporation progressive et les structures construites par des bactéries.

La partie inclinée, juste sous D18, est intrigante.

Classiquement en pied de falaises se rencontrent des zones d’éboulis qui auront ce type de surface pentée

Mais il y a bien un horizon différencié sur la coupe (traits horizontaux et obliques)

La transition en tête de j2c-3a est mentionnée ci-dessus par les auteurs, rappel :

Le sommet de ce membre affleure en bordure du chemin d’accès à
l’hôtel Notre-Dame, au niveau du sanctuaire. Il montre des calcaires
dolomitiques micritiques, laminés, à pseudomorphoses d’évaporites
et stromatolites, limités par un fond durci attribué à la discontinuité
D18.

L’angle avec l’horizontale est en relation avec la qualités mécaniques des sols (plus c’est horizontal plus c’est tendre)

Peut-être alors s’agit-il de l’altération par les évaporites (chlorures...) et bactéries ?

On verrait bien cette transition au niveau de la cour de la maison, cliché ci-dessous, en arrière plan le terrain en pente et la D32 qui fait jalon :

Pour se localiser dans l’autre sens, on dispose d’une photo d’André (18 août 2011) :

Les gens sur place pourraient aller voir, (donner un coup de pioche...) et retourner l’information !!

Pour fixer les idées l’âge des dépôts géologiques, du jurassique moyen supérieur, est autour de 160-165 millions d’années, voir la superbe "Échelle des temps géologiques"

L’absence de fissuration, remarquable, est liée à la stabilité du support sous-jacent et a la texture même de la roche, densifiée par des recouvrements hectométriques (je cherche l’ordre de grandeur)

Les océans mondiaux ont été 200 m plus haut qu’actuellement et ces secteurs ont été immergés, d’où le confinement par les pressions exercées...

à suivre


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